160 000 habitants, 9 454 ruelles piétonnes labyrinthiques, 1000 palais et riads, 300 mosquées, 345 678 901 234 objets d’artisanat en vente… et nous 2, perdus au milieu de la plus grande médina du monde. Dans bien des villes du Maroc, un mignon petit quartier hérite du nom de médina, entortille ses ruelles en un labyrinthe pour enfant de six ans et fait gentiment trébucher dans le charme du passé. Accrochez vos bretelles, car la médina de Fès est forgée d’une tout autre trempe. Elle vous engloutit tout crus dans ses entrailles et vous plonge dans les abysses de ses traditions !



Lors de notre première visite de Fès, nous nous sommes pris deux claques : l’une de fascination face au patrimoine incroyable et à l’ambiance quasi mystique qui l’entoure, l’autre de fatigue due à la cohue, aux rabatteurs et à notre étonnante faculté à foncer dans les impasses.

Pourtant, huit ans plus tard, nous revoilà à Fès, tendant notre troisième joue, convaincus que la ville le mérite. Et notre conclusion est la suivante : oui !

D’ailleurs, dès nos premiers pas, la médina de tous les superlatifs nous semble moins superpénible que dans nos souvenirs. Les impasses sont désormais signalées, les méandres ont gagné en propreté et les rabatteurs auparavant insistants attendent en siestant. Et malgré l’augmentation du tourisme et les embouteillages de babouches, Fès n’a rien perdu de son ensorcellement.

Voici donc une toute nouvelle version de notre article sur Fès, complétée de conseils en tout genre !
La partie haute de la médina, pour démarrer en douceur
Notre conseil principal, avant de vous lancer dans l’exploration de la médina de Fès, est de repérer sur une carte les deux ruelles vaguement parallèles qui la traversent. Elles partent des hauteurs du sud-ouest jusqu’aux bas-fonds du nord-est et s’appellent Talaa Kebira et Talaa Sghira. Si vous tombez dessus, vous êtes sauvés.
Nous vous proposons de commencer la visite tout en haut, sous le regard de la Bab Boujloud, bleutée côté extérieur, verte à l’intérieur.

Ce haut de médina est moins dense, moins alambiqué et aussi censé être plus calme. Nous sommes d’accord pour les deux premiers, moins pour le calme. Ça grouille déjà de restaurants, de boutiques et le premier virage à gauche nous dépose au milieu d’un souk alimentaire… disons bien réveillé !


Entre des radis et des choux-fleurs, se cache l’entrée de notre première école coranique, la médersa Bou Inania (20 dirhams). Peu d’édifices religieux sont ouverts aux non-musulmans au Maroc, alors nous sautons sur les rares occasions. Des dalles du sol aux tuiles du toit, la cour intérieure se pare d’un milliard de détails en mosaïques, stucs et boiseries qui forcent le respect.



En sortant, pensez à lever les yeux sur le bâtiment opposé à la médersa. Il est très facile de rater les douze fenêtres de l’ancienne horloge à eau. Elle a perdu son mécanisme avec les siècles, mais pas sa réputation de grande précision.

En dévalant l’une ou l’autre des ruelles jumelles, difficile de trouver un morceau de mur libre. Les marchandises s’échappent des échoppes trop sombres et s’agrippent partout où elles le peuvent.


Le plastique commence à faire sa place dans certaines bouti… euh pardon, sur certains murs de souvenirs, au détriment du made in Fès. N’hésitez pas à soutenir la tradition artisanale dans sa mission d’émerveillement, quitte à payer quelques dirhams de plus vos souvenirs.


Il est temps de fournir un deuxième conseil à votre sens de l’orientation : observez les plaques qui portent les noms des ruelles. Si elles ont une forme octogonale, c’est une impasse. Et maintenant que vous savez vous repérer, n’hésitez pas à vous perdre aussi. Nous découvrons des ruelles pas toujours très lisses, où les touristes disparaissent au profit d’enfants qui jouent, de chats craintifs et de vieilles portes en bois clouté.


Enfin, qui dit quartier haut, dit points de vue. Nombreux sont les hôtels, mais aussi les cafés, coiffés de toits aménagés. Montez par exemple au Sunshine Café, et vous pourrez pencher un œil discret sur une autre réalité de Fès, celle de ses terrasses, avec du linge qui sèche, des poules parfois, des enfants qui se chamaillent et une nouvelle flopée de chats.

La partie basse de la médina, monuments et artisans
Nous nous enfonçons maintenant en quelque sorte dans le centre du vieux centre de Fès. Attention, concentrez-vous, car le patrimoine va se concentrer. Les artisans aussi, par corporations.


La première visite que nous recommandons est le Musée Nejjarine (20 dirhams). Ce magnifique ancien fondouk a troqué ses caravaniers contre un Musée des Arts et Métiers du bois sur trois étages, avec café-terrasse sur le toit. Les objets présentés vont de la simple louche à la plus complexe des portes sculptées-peintes-cloutées, de quoi nous clouter le bec.



Ralentissez dans les ruelles alentour, c’est le quartier des artisans du bois, largement aussi intéressants à observer que les pièces du musée.
Bien qu’il soit fermé aux non-musulmans, nous vous conseillons ensuite le tour du mausolée de Moulay Idriss II, le sultan qui a récupéré une petite Fès et l’a développée pour la postérité. Les portes, puisque nous ne voyons qu’elles, laissent imaginer un intérieur somptueux.



Côté artisanat, tout le monde à la ronde vend soit de l’encens pour chasser le mauvais œil, soit du nougat pour chasser la fringale.
Et puis, aussi incroyable que cela puisse paraître, une mosquée assez large pour vingt mille fidèles est parvenue à se faire une place au cœur de la médina. Il s’agit de la vénérable mosquée Al Karaouiyne, qui abrite à la fois la plus vieille université et la plus vieille bibliothèque encore en activité du monde. Elle est si bien intégrée que nous sommes passés devant à plusieurs reprises sans la remarquer !

L’entrée nous est re-interdite, mais voici un tuyau pour juger de sa taille vue d’en haut : près de l’une des deux portes principales, une boutique de couvertures ouvre l’accès à sa terrasse en échange d’une dizaine de dirhams par personne.

À côté, la médersa Attarine (20 dirhams) se targue d’être la plus belle de Fès. Elle s’avère aussi être… la plus bondée. Un énorme groupe finit par nous laisser le passage : Ouaaaah, quel bonheur pour les yeux !




Si vous sentez poindre un risque d’intranquillité, nous vous encourageons à opter pour une troisième larronne : la médersa Cherratine (20 dirhams). Elle est moins restaurée, donc moins visitée. Et pourtant, la poussière et la patine de l’Histoire ajoutent à la sacralité des lieux.


Après Attarine qui fait référence au quartier des parfumeurs, Cherratine à celui des sangles et ceintures de cuir, nous tombons sur la rue Quetanine : « quetan » comme « coton ». Et de fait, de nombreux couturiers agitent leurs aiguilles. Notez la présence d’un autre fondouk, gratuit, dans cette ruelle.


La liste est longue des noms de lieux en « -ine », nous apprenant au passage quelles traditions n’ont pas survécu, comme la bougie ou la sellerie. Les dinandiers, eux, frappent toujours aussi vaillamment leurs cuivres à coups de marteau sur la place Seffarine.




Tout cela nous mène au lieu que nous attendions et redoutions : les tanneries de Fès, dont le parfum délicat susciterait l’envie de moustaches triple épaisseur. Plus précisément, nous visons la plus grande d’entre elles, appelée Chouara. Elle n’est pas ouverte sur la rue, il faut donc trouver quelqu’un qui vous « invite » sur une terrasse. Ne vous tracassez pas, en moins de deux secondes, un passant vous trouve, vous attrape par la peau des fesses et vous montre les peaux de Fès (contre pourboire).

La vue est plus insolite que belle ou intéressante. Quant à l’odeur, honnêtement, il y a pire. Nous avons plus mal à notre compassion animale qu’à nos récepteurs olfactifs.

Non loin, un bout de quartier trop dégradé s’est vu reconstruire tout en angles, couleur vives et boutiques d’artisanat : le Fondouk Lalla Yeddouna. Pas de chance pour lui, il est situé dans la trajectoire des volutes des tanneries.

Pour remettre notre odorat en place, nous nous laissons tenter par une tisane chez Adbullah, rue Machatine (rue des coiffeurs). Le minuscule lieu, un peu repoussant au premier abord, est victime de son succès depuis son entrée au Lonely Planet. Mais il faut bien avouer que l’infusion est excellente, avec plus d’herbes fraîches que d’eau, et l’expérience amusante.

Lors de notre précédente visite de Fès, échauffés par l’insistance d’une poignée de vendeurs, nous ne nous arrêtions pas pour observer. Cette fois, nous restons babouches-bées devant certains savoir-faire absolument sensationnels. Tels le zouak, déjà admiré à Meknès…

… les parures de mariées, dont nous avons vu les petits akkad se faire broder à Bhalil…

… ou encore les céramiques serties, typiques de Fès.

Sur l’autre rive : le quartier des Andalous
Depuis tout à l’heure, nous descendons. Montons maintenant, en traversant l’oued vers le quartier des Andalous. N’imaginez pas croiser des guitares, claquettes ou robes à pois, plus grand-monde n’est andalou ici. Mais il y a douze siècles, l’émir de Cordoue se fâchait tout rouge et expulsait des milliers d’artisans et intellectuels, que le sultan de Fès s’empressait d’accueillir, dans un quartier tout beau tout neuf.

Certes, il est moins tout neuf aujourd’hui, mais il reste tout beau, non ? Bien que faisant officiellement partie de la médina, il compte ses touristes sur les doigts d’une main de Fatma. Les scènes de la vie quotidienne côtoient des fontaines publiques, des boutiques exemptes de souvenirs et des habitants chaleureux.



Au milieu de ce « village », au sommet d’une montagne de marches, la grande et belle porte de la mosquée des Andalous fait son petit effet.

À part elle, vous l’aurez compris, il y a peu à voir côté andalou, juste une médina qui a laissé la frénésie sur son palier. Nous comptions rentrer par la porte Bab Rcif, que nous nous souvenions avoir admirée. Nous apprenons qu’elle vient de disparaître. Pouf ! Et cela pour construire un parking. Le quartier des teinturiers, à côté, en pleure des larmes colorées.



À l’extérieur de la médina : le plus beau musée de Fès
Accolé à la médina, s’érige le palais Batha, conçu pour accueillir les invités d’honneur du roi. Quel honneur, donc, de faire partie des premiers visiteurs du nouveau musée Al Batha (60 dirhams), après une décennie de cure de jouvence. S’il est absent de votre Géo-Lonely-Routard-Planet, c’est que votre guide date.
L’intérieur vaut la chandelle, et même deux. L’une pour le magnifique palais et son riad (cour jardinée), l’autre pour l’exposition d’art islamique, qui fait la part belle à l’artisanat à travers les siècles. Nous tombons même sur l’ancien minbar de la mosquée des Andalous.




Le quartier juif et le parc Jnane Sbil
Le Palais Royal, lui, nous accueille avec moins d’honneurs. Nous nous contentons d’admirer ses portes, sous l’œil de la garde royale et d’une paire de drones. Ah non, pardon, ce sont des cigognes !

Juste en face, sous la protection symbolique des sultans, se trouve le Mellah de Fès, plus ancien quartier juif du Maroc et un peu trop petit pour son usage. Les témoins de l’époque affirment qu’il a fini encore plus serré que la médina. Si si, c’est possible ! Cela explique la hauteur des bâtiments et la mode des balcons de bois, pour grappiller quelques mètres carrés sur la rue.

À la sortie du Mellah, la porte Bab el-Semmarine est un repère de cigognes l’hiver. Elles surveillent l’entrée de la médina el-Jdid. Haha ! Vous pensiez tout connaître de la médina de Fès, en voici une deuxième !


Son nom signifie « la nouvelle », ce qui fait sourire quand on sait qu’elle souffle ses 750 bougies. Toujours est-il qu’elle paraît nettement moins moyenâgeuse que « la vieille », sa très grande sœur.
Coincé entre les deux médinas, le sultan s’était octroyé un jardin, devenu le Parc Jnane Sbil, paisible oasis de verdure qui pourrait vous plaire en cas de fatigue médinesque.




Les tombeaux des Mérinides et Borj Nord
Notre premier dernier soir (vous suivez ?), comme un au revoir à la ville, nous étions montés sur la colline El Qolla, connue pour ses ruines des tombeaux mérinides. De nombreux Fassis viennent s’asseoir au crépuscule, pour profiter du superbe panorama et oublier le chaos de Fès. Le silence ne se brise qu’aux derniers rayons de soleil, lorsque l’appel à la prière s’élance et résonne dans toute la vallée.

(Vue sur l’autre côté de la colline)
Cette fois, comme les tombeaux sont en rénovation, nous nous approchons du Borj Nord. Mais pas trop non plus, le fort abrite un musée consacré aux armes.


La vue est tout aussi spectaculaire, puisqu’il s’agit de la même colline. En avril, nous apercevons même l’Atlas enneigé à l’horizon !

Notre avis sur Fès
Vraiment, Fès est à la hauteur de sa réputation. Sa vieille médina nous a scotchés d’une bonne vingtaine de manières différentes : dimensions, atmosphère, artisanat, monuments, poids de l’Histoire, etc. Elle est à coup sûr un incontournable du nord du Maroc. Et même si Fès fatigue, abandonnez l’idée d’une petite balade rapide. Octroyez-vous un logement reposant, du temps pour les pauses détente et… plongez dans le grand bain !

Conseils pratiques pour visiter Fès
Arriver à Fès et la quitter
La ville est bien desservie par les transports en commun. En train, comptez 3 heures depuis Rabat ou 45 minutes depuis Meknès, à réserver sur le site de la ONCF. En bus, vous êtes à 4h de Chefchaouen ou une nuit d’Agadir, à réserver sur le site ou un guichet CTM.
Se déplacer à Fès
Dans la médina, pas le choix, vous marcherez. Pensez à télécharger l’application gratuite Maps.me, qui connaît beaucoup mieux les ruelles que Google Maps. Rappelez-vous aussi, les impasses sont indiquées par des plaques octogonales, tandis que les rues ont des plaques rectangulaires. Fini les filous qui assurent qu’une rue est une impasse pour vous conduire ailleurs.

Il reste juste quelques jeunes qui s’amusent à embrouiller les touristes dans les quartiers d’hôtels. Pour vos premiers pas dans la médina, repérez bien bien bien votre chemin à l’avance, n’attendez pas d’arriver aux croisements pour consulter votre téléphone. Puis, avancez en répondant « c’est bon merci ». N’entrez pas dans leur jeu, sous peine de finir de mauvaise humeur.
Nombreux sont les stands de babouches de rechange, si besoin.
En dehors de la médina, vous pouvez compter sur les petits taxis. Depuis la gare, le tarif théorique est de 15 dirhams, pas simple à obtenir. Éloignez-vous et hélez un taxi, plutôt que de prendre ceux qui attendent devant et multiplient les prix par dix. Vous devriez alors pouvoir négocier le trajet à 20 dirhams. Votre hébergement vous précisera le nom de la porte la plus proche, à indiquer au chauffeur.
Se loger à Fès
Nous avons testé en tout trois adresses différentes, nous vous en recommandons deux et demi :
- Notre préférée est La Maison des Amisi, où vous serez véritablement reçus comme des amis par Line et Denis, un chaleureux couple franco-marocain. C’est un petit lieu de douceur et d’échange, tout le contraire d’un hôtel impersonnel, et idéalement situé en bordure de la médina. Ah, et les petits déjeuners sont un délice, avec baghrir, confitures maison et bon jus d’orange !


- À notre retour du Moyen Atlas, nous avions réservé au riad Al Safadii. Un vrai grand riad, magnifique dans son genre, avec de belles chambres et une superbe vue sur Fès depuis le toit-terrasse. Seul défaut, inhérent aux riads : les sons résonnent. Croisez les doigts pour ne pas avoir des voisins qui se réveillent trop tôt. Excellent petits déjeuners ici aussi, peut-être nos meilleurs du voyage, avec des pains qui changent chaque matin !


- Enfin, lors de notre premier voyage, nous avons dormi dans un véritable bâtiment historique, le Palais El Mokri, et c’était épatant ! Nous hésitons à le recommander, car les récents commentaires semblent mentionner un certain laisser-aller. Allez-y pour le décor, pas pour une expérience luxe. Plusieurs chambres sont disponibles sur Booking, avec des niveaux de confort variables. La suite se réserve icii.


Contrairement à ce que nous avions pu lire dans des guides, il ne nous semble pas utile de dormir à deux endroits opposés de la médina. Certes, elle est étendue, mais pas non plus au point de devoir partager son séjour en deux.
Où manger à Fès
Malgré un nombre incalculable de restaurants, nous avons eu du mal à nous régaler. Beaucoup préparent couscous ou tajines en quelques minutes, sans laisser les saveurs mijoter.
- Le seul qui nous ait épatés, au point d’y retourner plusieurs fois, est le minuscule Darb Elhora qui n’a même pas traduit sa devanture. Peu de tables, un couple de gérants adorable, une cuisine qui a du goût et des tarifs marocains. Nous vous recommandons le tajine œuf-tomate, sorte de shakshuka sans poivrons, et les frites maison. Puis, soyez prêts à attendre, car tout est frais. Les fois suivantes, nous téléphonions pour passer commande !
- Dans un style plus occidental, nous étions heureux de trouver un grand choix de snacks végétariens chez Veggie Pause. C’est très bon, les cuisinières maîtrisent tout ce qu’elles proposent, mais c’est un peu cher pour le Maroc et il faut souvent attendre pour obtenir une table.
- Plus chic, le Fondouk Bazaar sert des plats assez originaux d’inspiration libanaise. Penser à réserver une place sur la belle terrasse pour le dîner.
Où boire un verre
- De tout petits « cafés de médina » installent de mini tables au milieu de l’ambiance, avec du très bon café. Nous avons beaucoup aimé par exemple le Médina Coffee Mug et son gérant sympa comme tout. Il prépare aussi de délicieux jus de fruits à base de fraise, mangue, avocat, gingembre…

- Pour un thé ou autre avec vue en fin de journée, grimpez sur les terrasses. Nous sommes montés chez Sunrise, mais il y en a plein d’autres dans la partie moyenne-haute de la médina. Guettez simplement les panneaux rooftop/terrasse.

À voir dans les environs de Fès
Si ce n’est pas déjà fait, nous vous conseillons de passer voir Meknès et Volubilis. L’idéal est de dormir à Meknès, mais si ce n’est pas possible, vous trouverez des excursions à la journée depuis Fèsi.
Un peu de l’ambiance de Fès chez vous
Des tirages en haut qualité du souk de Fès par Mi-raison sont en vente ici dans sa boutique.

