Au Vietnam, à moins d’avoir une bonne résistance à la fraîcheur, à la chaleur et à l’humidité, il est préférable d’éviter de voyager n’importe où, à n’importe quelle saison. À la fin de notre visite de Saïgon, mi-janvier, l’hiver rôde encore dans le nord du pays. Alors en attendant qu’il fasse son baluchon, nous restons à trimbaler les nôtres dans le sud. Plus précisément, nous nous réfugions dans les bras du delta du Mékong.

Ici, aucune splendeur à visiter absolument. Pas de montagnes spectaculaires, peu de monuments. Imaginez plutôt une région verte, plate et quadrillée de canaux chargés d’étancher la soif des rizières à perte de vue et qui irriguent au passage des millions de cocotiers, de fleurs et d’arbres fruitiers.

Vous ne semblez pas convaincus, mais voici le dernier argument : l’ambiance ! Le delta du Mékong est peuplé de gens réputés parmi les plus accueillants et chaleureux du Vietnam, et nous confirmons. Nous avons trois théories à ce sujet : 1) les touristes étant rares, nous attisons la curiosité, 2) le degré de bonne humeur est indexé sur le taux de hamacs par habitant, particulièrement élevé ici et 3) quand on vit sur pilotis, on aime avoir beaucoup de poteaux.
Avant que vous ne commenciez à sérieusement douter du sérieux de nos conseils, voici un sommaire, parce qu’un article avec sommaire, ça fait sérieux :
Quelles étapes choisir dans le delta du Mékong ?
Pas facile, cette question. La région est vaste, le fleuve a plus de bras qu’une pieuvre et chaque touriste semble choisir des points de chute complètement différents. Comment voulez-vous, dans ces conditions, prendre les bonnes décisions ?
Avec du recul, nous sommes heureux de notre itinéraire en trois étapes dans le delta du Mékong :
Nous parlerons dans cet article de Vĩnh Long et Cần Thơ. Châu Đốc fera l’objet d’un article séparé.
Notre conseil ne sera pas « foncez dans telle ou telle ville ». D’abord parce que ce ne sont pas les villes elles-mêmes qui nous ont plu, ce sont leurs alentours au sens très large. Et ensuite parce que, contrairement à d’autres endroits du Vietnam, le tourisme cible surtout les groupes en voyage organisé et beaucoup moins les touristes indépendants. Il n’est pas évident pour nous, la deuxième catégorie, de comprendre que voir ou que faire dans le delta du Mékong.
Dans ces conditions, nous vous recommandons de prioriser la recherche d’un ou plusieurs bons homestays, qui soient proches de la nature, vous cajolent, vous donnent des conseils et vous concoctent si besoin de bons repas. Nous devons une bonne partie de la réussite de notre séjour à nos deux maisons d’hôtes (Mekong Pottery Homestayi près de Vĩnh Long et Bosa Homestayi près de Cần Thơ), mais si une autre adresse vous fait de l’œil, du côté de… disons Per Pét Lê Zoa, alors foncez !

Pour prendre notre temps, nous y sommes restés trois nuits puis deux nuits, et c’était très bien. Ajoutez un jour chez Mekong Pottery si leur cours de poterie vous intéresse.
Où voir des marchés flottants sur le Mékong ?
C’est triste, mais ces marchés pleins de couleurs et de barques qui faisaient la spécificité de la région disparaissent un à un. La faute principalement aux nouvelles routes, aux nouveaux ponts et aux camions qui prennent le relais. Il n’en resterait plus que deux au Vietnam : Cái Răng (situé à Cần Thơ) et Long Xuyên.
Nous vous parlerons du premier, désormais très diminué comparé aux photos d’il y a dix ans. C’est la fin d’une épique époque. L’expérience reste agréable, mais ne vous fatiguez pas à traverser le pays exprès pour cela.
Étape 1 : île fertile, briqueteries et pagodes à Vĩnh Long
En guise de premier arrêt dans le delta du Mékong, nous voilà à Vĩnh Long, attirés par sa proximité avec Saïgon et surtout par les bons avis d’une chambre d’hôtes. Nous déboulons chez une famille très attentionnée, qui ne propose que trois chambres au fond d’un jardin croulant sous les plantes, parfait rempart contre la chaleur.


Comme le Mékong ne passe pas loin, nous décidons d’aller le saluer et BIGRE ! Il est super large !
Et encore, à cette hauteur, le Mékong est déjà séparé en trois bras de musculatures égales.
Même si nous sommes encore trop près de la ville pour que ce soit tout à fait la campagne, nos premiers pas ne déçoivent pas. Des pirogues passent, des vendeuses de crapauds tentent de nous convaincre et… oh ! une mobylette transporte SIX chèvres !


Promenade en scooter, entre rizières et briqueteries
Le lendemain, sur les conseils de notre hôte, nous louons un scooter, y accrochons quelques chèvres pour passer inaperçus, et nous lançons dans une boucle d’une quinzaine de kilomètres, avec les briqueteries pour première étape. Le district de Mang Thít, à l’est de Vĩnh Long, est réputé pour sa production de briques et surnommé le « Royaume Rouge ».
Pour un royaume, il se fait discret. Nous nous engageons, un peu sceptiques, sur une route de terre cahoteuse avec ce point GPS en guise de boussole. Soudain, ploc ploc ploc, d’énormes œufs surgissent. Et plus nous avançons, plus ils sont nombreux !

Nous nous arrêtons dans l’une des usines, armés de nos plus beaux sourires, pour essayer d’en savoir plus, mais avons un peu l’impression de gêner. Voici ce que nous finissons par comprendre : les œufs n’éclosent pas directement sous forme de maisons, la réalité est légèrement plus compliquée.

Les ouvriers commencent par mouler des briques verdâtres, couleur Mékong, les mettent à sécher sous des serres, puis les enfournent pour une semaine entière à thermostat 30, dont elles ressortent rouges. Le travail reste artisanal de bout en bout, à grand renfort de bras, de dos, et sans doute de baume du tigre le soir venu.


Nous vous expliquions qu’il existait peu de monuments dans le delta du Mékong, mais ce « mini Angkor des fours traditionnels » mériterait franchement un titre, avant de disparaître sous la concurrence des fours modernes.
La suite de notre boucle emprunte une route de campagne toute calme, comme il y en a sûrement des milliers dans la région, pour le simple plaisir d’emprunter une route de campagne toute calme. Et d’approcher nos premières rizières !

Deux passions vietnamiennes se dégagent rapidement : le jardinage et le planté de drapeaux rouges. Sur des kilomètres, nous croisons fleurs sur fleurs et faucilles sur marteaux.




Enfin, des pagodes ponctuent le paysage, dont l’une est en fête. Nous ralentissons et sommes invités par une grosse licorne jaune à boire le thé (aucun champignon hallucinogène n’est intervenu dans cette phrase !).


Nous ne nous attendions pas à grand-chose, mais cette première sortie à scooter nous fait forte impression. Et la règle se revérifiera partout au Vietnam : s’égarer à pied, à vélo ou à scooter hors des lieux touristiques garantit son lot de surprises, de rencontres et de bonne humeur !

La ville de Vĩnh Long elle-même
Nous achevons notre boucle par un tour dans le centre-ville, en commençant par le marché de Vĩnh Long.


Nous nous repérons à l’odorat, pour éviter les stands qui soulèvent le cœur, et… Ah ! Voici les fruits ! Entrecoupés de nouvelles grappes de crapauds bien mûrs, une spécialité mékongaise paraît-il.




En marchant vers les rues les plus animées, nous nous accordons une pause fraîcheur dans un café dont la quasi intégralité de la carte finit par đá, c’est-à-dire glacé. Il ne viendrait à l’idée de personne de commander une boisson chaude dans le sud du Vietnam. Nous ne résistons pas à l’envie de goûter à un thé d’artichaut, glacé bien sûr, mais hélas sans le goût du légume !

Plus loin (par ici), nous longeons un doigt du Mékong tout calme. Des centaines de tables et transats attendent, vides pour l’instant, l’arrivée du samedi soir. Dommage que nous n’ayons pas prévu de traîner plus tard, ce doit être particulièrement animé.
La place centrale de Vĩnh Long n’a pas attendu la brise nocturne pour se réveiller. Adultes et enfants louent des voiturettes électriques et tournent en klaxonnant à tût-têt. Nous nous empressons de les rejoindre afin de tester le sport national (le klaxon, pas la voiturette !).



Dans cette journée pleine de surprises, le plus étonnant reste peut-être que nous n’avons croisé que deux autres touristes, en haute saison.
Excursion sur l’île d’An Bình
Il n’est pas trop dans nos habitudes de louer les services d’un guide mais, impatients d’accélérer notre compréhension du pays, nous réservons auprès de notre chambre d’hôtes une excursion. Nous voilà donc, à 8h du matin, traversant le Mékong avec Henry et trois vélos en direction de l’île d’en face, appelée An Bình. Un nom qui signifie à peu près « paix et tranquillité », et vous constaterez que l’étiquette ne ment pas.
Đi thôi ! (c’est parti !)
Partout à la surface de l’eau, des jacinthes d’eau se promènent… mais… dans le sens opposé de la veille. Nous découvrons que le Mékong a deux sens, selon les marées. C’est lunaire, dans les deux sens aussi, propre et figuré.


Nous passons sur un bateau plus modeste, une pirogue, afin de naviguer sur un canal d’irrigation, entre martins-pêcheurs et cocotiers. Ici les rameurs contrôlent la pagaie de gauche avec la main droite et inversement. N’essayez même pas, ça file des nœuds au cerveau !



De retour sur les vélos, nous suivons Henry sur de peinardes allées, découvrant des fruits par-ci, des fruits par-là.



Réputée à l’échelle nationale pour ses vergers fertiles, l’île d’An Bình excelle particulièrement dans le ramboutan, sorte de litchi chevelu rouge fluo, dont le goût se rapproche du raisin. C’est délicieux !


La main verte des Vietnamiens ne s’arrête pas aux fleurs et aux fruits. Nous sommes scotchés par des séries d’arbres, impeccablement taillés, qui partiront un jour orner des parcs ou jardins privés.

Dans un autre coin d’An Bình, plusieurs familles préparent manuellement des feuilles de riz, mises à sécher partout où c’est possible (si vous saviez comme les rouleaux de printemps à la sauce cacahuète nous manquent !).


Nous retrouvons enfin les touristes disparus, planqués dans une fabrique de bonbons. Ils suivent des excursions en bateau organisées depuis Hô Chi Minh-Ville.
Pour la suite, nous sommes invités à boire le thé chez des amis d’Henry. Qui nous proposent même de revenir fêter le nouvel an chez eux ! Hélas, nous serons déjà loin.

Dernière étape, sur le chemin du retour : un atelier de poterie qui produit, comme son nom l’indique, bah des pots. Mais vraiment des pots de toutes les formes !



Nous aimons tellement l’île d’An Bình que nous n’avons qu’une envie le lendemain : retourner savourer sa paix, sa tranquillité et quelques ramboutans de plus. À vélo toujours, mais en empruntant cette fois le bac public, au milieu d’une centaine de mobylettes, dont celle-ci :
Une mob’ bien coq’uette

Avis aux amateurs, l’île se visite aussi très bien sans guide.




Il suffit de repérer sur Google Maps les chemins étroits qui serpentent entre les maisons et les arbres fruitiers, des sentiers cyclistes charmants au possible.

Pour vous lancer, vous pouvez par exemple prendre la direction de cette église, puis continuer un peu au hasard. En dehors des routes pour voitures, tout est vert, fleuri, souriant et agréable !






Conseils pratiques sur Vĩnh Long
Atteindre Vĩnh Long depuis Hô Chi Minh-Ville
Sur les conseils de notre chambre d’hôtes, nous avons réservé la limousine (= minibus) de la compagnie Thái Bảo, via la plateforme Vexere. Comptez 2h30 de trajet. Vous pouvez trouver moins cher que les ~7€ demandés, mais c’est très confortable, presque du luxe : larges sièges en cuir, bouteilles d’eau, personnel aux petits soins et voiture à l’arrivée qui nous dépose à notre homestay sans supplément.
Se loger à Vĩnh Long
Sur tout notre voyage au Vietnam, c’est dans le delta du Mékong que les bonnes adresses partaient le plus vite. Les hébergements sont moins nombreux et il semblerait que des voyageurs en groupes s’organisent tôt. Bref, réservez dès que possible.
Mekong Potteryi était un très bon choix, situé dans la banlieue proche de Vĩnh Long. Yennie, parfaite anglophone, gère le lieu avec ses parents qui entretiennent le jardin-jungle et cuisinent très bien (petit déjeuner sucré ou salé au choix + autres repas si besoin). Les chambres sont confortables et bien pensées, avec le soin du détail, une salle de bain ouverte sur l’extérieur, un hamac, la climatisation et des moustiquaires.

Le petit déjeuner, pris dans le jardin
Yennie a préparé toute une liste de suggestions de promenades alentour, avec des vélos gratuits en excellent état (évitez juste de rouler de nuit) ou des scooters proposés à la location. Si vous préférez une excursion, pensez à réserver quelques jours à l’avance, l’unique guide Henry peut être déjà pris. Notre tour sur l’île d’An Bình n’était pas donné, 2 000 000 de dongs pour deux, mais très bien pensé. Nous sommes retournés seuls sur l’île pour seulement 8 000 dongs, avec les vélos gratuits et l’aller-retour en bac.
Se loger sur l’île d’An Bình
Si vous souhaitez dormir encore plus près de la nature, nous sommes passés pendant notre balade à vélo à côté d’une autre guesthouse, dans un très joli coin de l’île, la Sông Mê Homei. Si notre chambre d’hôtes est complète, cela vaut sûrement le coup de venir là.
Où manger
Nous avons pris tous nos repas à notre homestay, sauf un. Sur leurs conseils, nous sommes allés tester le restaurant végétarien Tịnh Bình Chay le soir où nous avions le scooter : très bon, surtout le « curry bánh mi ».
Étape 2 : hamacs, saxo et marché flottant à Cần Thơ
Et sous le hamac, coule une rivière
Nous nous ré-éloignons d’un cran de Saïgon pour atteindre Cần Thơ, la ville la plus peuplée du delta du Mékong. Mais sa densité est le cadet de nos soucis, puisque chez Bosa et Phoenixi, notre nouvelle chambre d’hôtes, la nature est encore plus omniprésente qu’à Vĩnh Long.

Il est agréable notre bout de rivière, ou de canal, difficile à dire tant la région est irriguée. Nous avons une terrasse sur pilotis, des hamacs, une légère brise caressante et Phoenix qui nous régale de fruits frais et de cafés glacés. Nous passons des heures à simplement regarder les jacinthes et les bateaux aller et venir.

Qu’y a-t-il autour ? Des maisons impeccablement jardinées, pardi !




Nous repérons un café proche, le Mila Garden, niché dans un jardin encore plus sublime, un vrai bout d’Eden aux baristas divinement doués. Le mystère se résout vite : nous avons débarqué dans un décor à selfies, délectable en semaine mais certainement pris d’assaut le week-end.


À 17h, nos hôtes nous conseillent de rentrer car le repas est prêt. Déjà ? Ils dînent encore plus tôt que les Anglais ici ! En creusant, nous apprenons que les habitants de la région aiment se coucher vers 19-20h et sauter du lit vers 2-3h du matin. Ils vivent en fait à l’heure de Sydney.

Phoenix a concocté un hot pot végétarien, sorte de bouillon dans lequel nous versons toutes sortes de légumes, champignons ou morceaux de tofu, un régal !

Bosa enchaîne avec un air de saxophone, il est vraiment très fort. Le volume sonore aussi, nous aurions dû garder quelques champignons pour les oreilles. Un peu plus tard, c’est un voisin qui lance sa sono à fond. Décidément, ils ont un souci de volume sonore dans ce pays ! Bouddha soit loué, une nouvelle loi interdit les nuisances sonores après 22h, et de fait, le vacarme s’arrête net à l’échéance.
Le marché flottant de Cái Răng en flottement
Notre hôte propose des tours en bateau jusqu’au mythique marché flottant de Cái Răng, du nom d’un quartier de la grande ville. Après une grasse-matinée à la vietnamienne, à 6h du matin, nous partons glisser entre cocotiers et pilotis sur l’onde rose.

Tout n’est pas rose, cependant. Nous voyons les habitants jeter directement leurs sacs poubelles à l’eau. À plusieurs reprises, notre batelier doit même relever l’hélice pour démêler des détritus qui la coincent.

Beaucoup d’habitants du delta du Mékong vivent ainsi, à cheval entre l’eau et la terre. Une astuce ancestrale pour résister aux crues, grappiller du terrain, accéder à son bateau et profiter de la fraîcheur. Mais face au risque d’effondrement, le gouvernement cherche désormais à rapatrier tout le monde sur le plancher des buffles.

Un dernier dérapage contrôlé, et nous déboulons sur une large rivière. Nous allions écrire « sur le Mékong », mais pointilleusement parlant, il s’agit plutôt d’un affluent. Des groupes de bateaux flottent un peu partout, probablement chargés de fruits exotiques et de légumes inconnus.

Ah non, ils débordent de… touristes !

Les agences de voyage tentent, à bout de bras, de vendre un marché flottant de Cái Răng resté animé, mais en réalité il diminue très fort d’une année sur l’autre. Restent quelques grossistes sur de gros bateaux, qui revendent à des moyennistes sur des moyens bateaux, des flopées de touristes qui tournent autour et quelques bateaux-petits-déjeuners volants pour les rassasier de bánh mì, soupes de nouilles ou noix de coco à boire.




Faire un tour en bateau sous les lumières de l’aube reste appréciable, mais les centaines de barques colorées d’autrefois ne viennent plus compléter le tableau. C’est comme faire un détour pour voir la Tour Eiffel dont il ne resterait que le premier étage. Mais la bonne humeur et les explications de Bosa compensent !
Le marché de Cái Răng, côté terrestre
Notre hôte complète son excursion avec un détour sur la terre ferme. Les touristes ont redisparu, remplacés par un marché bien vivant. La variété des produits est large : poissons qui tentent de s’échapper de flaque en flaque, « fruits de mer » d’eau douce, montagnes d’herbes aromatiques, vêtements, forêts de bonsaïs… Et bien entendu, les scooters vrombissent au milieu de tout cela.



Si vous peinez à imaginer les Vietnamiens faire leurs courses en scooter, dézoomons un peu :

Nous découvrons aussi d’étranges stands d’objets reproduits en papier : maisons, habits, voitures, faux billets… qu’un coup d’allumette transmettra aux ancêtres, pour qu’ils ne manquent de rien au paradis. De jolies pièces montées de gousses d’ail se vendent aussi, conçues pour éloigner les mauvais esprits de chez soi.


Et nous rentrons tranquillement en compagnie de deux mandariniers nains, sur lesquels Bosa a flashé.
Conseils pratiques sur Cần Thơ
Rejoindre Cần Thơ
Depuis Vĩnh Long, bus et minibus existent, mais comme nous allions de banlieue à banlieue, un taxi nous a grandement simplifié le trajet : 1h de route avec le chauffeur le plus prudent du monde, pour 600 000 dongs.
Depuis Saïgon, comptez entre trois et quatre heures de bus.
Se loger
À part quelques slaloms entre les scooters du marché, nous n’avons pas mis les pieds dans le centre de Cần Thơ, qui ne nous faisait pas particulièrement envie. Choisissez votre logement avec soin, car vous devenez facilement dépendant de lui dans cette région, notamment pour les sorties.
Nous avons séjourné au calme, chez Bosa et Phoenixi, et ne regrettons pas une seconde ce choix. C’est un vrai homestay dans le sens où ils sont disponibles pour partager un peu de leur quotidien. Bosa est toujours de bonne humeur et aime les jeux de société, tandis que Phoenix veille sur tout le monde et cuisine redoutablement bien, végétarien au besoin. Le dîner, inclus dans le tarif (d’où un prix plus élevé qu’ailleurs), nous a valu certains des meilleurs repas de tout notre voyage au Vietnam ! Quant à la chambre, elle ne paie pas de mine en photo, mais elle est grande et confortable, à un bémol près : la douche froide. La chaleur extérieure aide grandement.

Excursion vers le marché de Cái Răng
Le tarif proposé par notre guesthouse est de 1 600 000 dongs pour deux. Pensez à réserver plusieurs jours à l’avance ici aussi : Bosa et son batelier peuvent être déjà occupés si vous vous y prenez au dernier moment.
Notre avis sur le delta du Mékong
Le delta du Mékong n’est pas la région la plus spectaculaire du pays, les paysages du nord du Vietnam coupent clairement plus le souffle. Mais nous n’étions vraiment pas mékong-tents de notre virée ! Si vous êtes un peu baroudeurs et aimez voyager lentement, vous serez récompensés : ambiance chaleureuse, végétation luxuriante, hamacs à volonté, découvertes culturelles, et surtout, la sensation de visiter un Vietnam nettement moins transformé pour les touristes. Évitez en revanche la saison des pluies, qui s’étend de mai à octobre.

Au final, quelle étape avons-nous préférée dans le delta du Mékong ?
Pas facile à dire. Vĩnh Long l’emporte pour les découvertes, mais Cần Thơ pour la détente ! Quant à l’étape Châu Đốc (qui aura son article dédié), elle nous a laissé la sensation de vivre moins proches du Mékong, moins le nez dans sa végétation. Sinon, les voyageurs semblent aussi beaucoup aimer les alentours de Bến Tre, alias le royaume des cocotiers.
